Hugo Livet

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Hugo Livet

 

Est-ce parce que ses dessins ont l’air si fragiles qu’Hugo Livet a pris soin de les protéger sous des lames de verre ? Piqués par des épingles à leur support en bois, ils prennent l’aspect de curieux papillons qu’un entomologiste aurait déposé là.

Dans les cours de biologie, au collège, on utilisait ces lames pour voir se diffuser des liquides. Je crois me souvenir qu’un de mes premiers usages du microscope concernait un des fluides corporels les plus anodins, la salive. Alors, apparurent dans l’oculaire des cristaux éparpillés, des plans de villes aux rues tortueuses, des fractales très florales. Les dessins d’Hugo Livet, réalisés à la pointe d’un feutre biseauté, reprennent ces motifs méditatifs qui semblent se développer par capillarité sous leurs lames transparentes. D’autres dessins, cette fois sur papier, sont également posés sur des socles, et invitent le spectateur à s’en approcher pour les contempler. Cette déambulation semble primordiale pour aborder un travail aussi délicat, car nous voilà obligés de tourner autour, d’y revenir, de nous pencher : chaque œuvre demande un certain temps d’observation.

De grands dessins, cette fois-ci accrochés au mur, viennent compléter ces développements précautionneux ; et même si leur format peut faire penser de prime abord à un changement radical, chacun d’entre eux est composé de milliers de traits répétitifs et tous différents, esquissant une sorte de cosmogonie abstraite.

D’autres œuvres, de petites sculptures mystérieuses, prennent place dans les espaces bacillaires et grouillants d’Hugo Livet. Ici, c’est un cube saupoudré de poudre de ferrite, comme une explosion volcanique qui aurait subitement figé. Là, des structures alvéolaires en étain, ou des volumes se rapprochant de par leur forme de certains coraux, nappés de calcite. Enfin, une grande installation, Évolution, aux formes pouvant rappeler les développements du flocon de Koch, où chaque extrémité se voit recouverte de copeaux roulottés de fer qui semblent tenir en place à l’aide d’imposantes batteries. Mais tout cela n’est peut-être qu’un conte, les batteries semblant être un artifice sciemment ordonné par l’artiste. N’en reste pas moins que lors de l’ouverture de l’exposition Première à Meymac, alors qu’à l’extérieur du centre d’art la première neige de l’année venait frapper aux fenêtres, certains observateurs ont vu des petits rubans de limaille dispersés sur le parquet. Sans doute étaient-ils tombés lorsqu’ils avaient le dos tourné.

 

Camille Paulhan

 

Site Internet de l’artiste

Écrit par Camille Paulhan

7 janvier 2013 à 5:30

Posté dans Meymac

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